Brassens REDUX : l'album
est un projet en cours de réalisation. L'album de plus courte durée a fait sa sortie le 12 janvier 2007 et contient un échantillonage assez copieux pour satisfaire l'auditeur, tandis que la version rallongée (nous parlons d'un double CD) se développe durant le cours de l'hiver. On trouvera dans les deux de nouvelles interprétations en français et des versions en anglais à part égale. L'enregistrement se déroule à la yukonnaise, dans un studio en rondins. Son propriétaire a vite saisi la simple beauté de l'œuvre de Brassens, et je gage que notre cher Tonton se serait régalé de trouver studio si convivial de son vivant. Laurie Malo est le maître des lieux, joliment baptisés Rainbow Recording Studio, et je lui suis complètement reconnaissant. Sa finesse d'oreille et son savoir-faire technique n'ont d'égale que la dévotion qu'il consacre au projet.

Les musiciens
La musique de Brassens a toujours été à mon goût une qui se présente simplement, avec juste une pointe d'instrumentation pour soutenir la chanson et rehausser la mélodie. Un de mes grands traits d'admiration envers Brassens est que, fi vent et marées, il s'en est fidèlement tenu à sa petite formule trio qui lui sied si bien sans jamais tomber dans le piège d'y mettre le paquet dès qu'on a les moyens, dont il a été rapide à ne pas manquer. C'est donc cette formule classique avec seconde guitare et contrebasse que j'ai d'abord abordée en public, parce qu'elle coule naturellement avec les chansons. Mais je me demandais depuis longtemps quel instrument autre que la guitare pourrait assurer le soutien mélodique. Il en est un qui me revenait régulièrement en tête, et qui me fut d'ailleurs aussi suggéré par d'autres. Le violon.
Un des grands atouts du Yukon est qu'il fourmille de talents et recèle une scène musicale à la mesure de ses paysages. C'est ainsi que lorsqu'une jeune violoniste a fraîchement débarqué dans le territoire et dans un festival estival dans lequel je me produisais, le vieux germe de cette idée musicale y a trouvé l'occasion de faire une forte poussée. Surtout qu'il était évident qu'elle savait le manier son violon. Cela dit, le vocabulaire celte et bluegrass, qui est celui qui s'écoute surtout dans nos parages, n'en est pas un que j'imaginais lier à Brassens, et est la raison même pour laquelle je n'avais à date approché aucun autre violoniste. Était-elle différente? Il n'y avait qu'une façon d'en avoir le cœur net.



One-sheet release notes (pdf, English)

Brassens REDUX: In brief

L'amour marin - 5:58 [extrait]
Gastibelza/Le vent - 5:45 [extrait]
The Gorilla - 4:35 [extrait]
In my heart's backyard - 3:05 [extrait]
Natural Mate - 2:50 [extrait]
Poor Martin - 3:20 [extrait]
Le gorille - 4:15

Un grand merci à
Ed White, percussions et
Pat Braden, Stick bass sur The Gorilla.

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Keitha Clark, violon
Âgée de 25 ans, Keitha venait à peine de naître quand Brassens est mort. Ayant grandi dans une petite commune rurale du Nord de la Saskatchewan, elle n'en aurait pas entendu parler davantage eût-il survécu plus longtemps. Elle a étudié le piano durant son enfance mais l'environnement dans lequel elle a grandi était celui de "Old-time music" où le violon règne. À l'âge de 15 ans elle l'a non seulement saisi, mais s'en est emparée corps et âme. Quand je l'ai d'abord contactée à l'automne, elle était curieuse (elle est aussi journaliste de formation) d'en savoir davantage sur ce Brassens dont elle a vite découvert des textes qui à première lecture semblaient plutôt crûs à l'endroit du féminin. Je lui ai donc fait un petit énoncé sur Brassens qui l'a vite rassurée, puis je lui ai donné une sélection de pistes que j'avais enregistrées afin de se faire l'oreille. Après deux répétitions ensemble qui s'avéraient très prometteuses nous sommes allés en studio. Elle m'a bouleversé, avec son propre souffle gitan qui est beaucoup plus proche des racines géographiques du tonton qu'elle ne pourrait l'imaginer, une maîtrise extraordinaire de son instrument, le tout couronné d'un sens musical qui envelope les mélodies avec un naturel déconcertant. Merci Keitha, me voici convaincu.
Écoutez une version "off-the-floor" du gorille [4:15, 128 kps MP3, 4 MB]

Matt King, contrebasse
Quand j'ai commencé à chanter du Brassens en public au Yukon, je suis parti en quête de contrebassiste. J'ai trouvé Matt, qui était très occuppé à jouer du bluegrass, du country et en fait de tout car les contrebassistes ne courent pas nos rues et il avait de surcroît de quoi être prisé. Il exude aussi une bonhommie certaine qui l'a vite rallié à la cause Brassens. Nous nous sommes ainsi produits avec grand plaisir sur nombres scènes locales. Et puis il est parti. À Cuba, pour approfondir sa musique et son teint. Sitôt revenu au Yukon, il repartait. Cette fois-ci dans le Pacifique, pour y travailler. Le voici de retour dans nos contrées (ce qui en soit en dit long sur le Yukon) et à bord du Brassens Express, sa basse plus solide que jamais. Ce sera un plaisir de jouer avec Matt jusqu'à son prochain départ pour un nouvel endroit, mais peut-être qu'alors je l'y suivrai simplement, pour chanter Brassens dans un nouveau coin du monde.

Photos ci-dessus: Inanda Images 
Marie-Hélène Comeau, contrechant
Avant de chanter Brassens sur la scène yukonnaise, je m'y étais aventuré avec mes propres interprétations de Léonard Cohen, que je traduisais en français. J'ai trouvé en Marie-Hélène une fan de Cohen avec une voix sœur qui s'alliait tout autant à son répertoire qu'à mes cordes vocales. Nous avons ainsi chanté beaucoup avec grande joie. Mais nos routes musicales ont divergé quand j'ai mis plein cap sur Brassens. Marie-Hélène ne partage guère ma passion pour Brassens, ce qui la regarde, on imagine. Elle n'en aime pas moins une bonne chanson. Je crois qu'il y a un immense espace pour une voix féminine dans le répertoire de Brassens, et c'est un sentiment que je désirais partager. Il m'était impossible d'imaginer chanter avec une autre, alors bien sûr j'ai demandé à Marie-Hélène. D'un air très doux, elle m'a dit oui.